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Vermifugation du cheval : protocole raisonné

Publié le 9 juillet 2005 — par Dr. Véronique Martin

Pendant des décennies, la vermifugation des chevaux reposait sur un principe simple : traiter tous les chevaux, toutes les six à huit semaines, en alternant les molécules. Cette approche systématique a conduit à l'émergence de résistances parasitaires qui menacent aujourd'hui l'efficacité de notre arsenal thérapeutique. La profession vétérinaire prône désormais un protocole raisonné, individualisé, basé sur des données objectives.

Les parasites digestifs du cheval

Les petits strongles (cyathostomes) sont les parasites les plus fréquents et les plus problématiques chez le cheval adulte. Leurs larves s'enkystent dans la paroi intestinale et peuvent provoquer une cyathostominose larvaire lors de leur émergence massive, syndrome potentiellement mortel caractérisé par une diarrhée profuse, un amaigrissement et des coliques.

Les grands strongles, autrefois redoutés pour leurs migrations larvaires à travers les artères mésentériques, sont devenus rares grâce aux traitements ivermectine. Les ascaris (Parascaris equorum) concernent principalement les poulains et les jeunes chevaux de moins de deux ans. Les ténias (Anoplocephala perfoliata) sont recherchés spécifiquement et traités au praziquantel.

Le principe du traitement sélectif

La coproscopie quantitative par la méthode de McMaster permet de mesurer le nombre d'œufs de strongles par gramme de crottins. Cette analyse simple et peu coûteuse classe les chevaux en trois catégories : faibles excréteurs (moins de 200 œufs par gramme), excréteurs modérés (200 à 500) et forts excréteurs (plus de 500).

Dans un troupeau, 20 pour cent des chevaux hébergent 80 pour cent des parasites. Ce sont ces forts excréteurs qui contaminent les pâtures et qu'il faut traiter en priorité. Les faibles excréteurs, qui représentent la majorité, n'ont souvent besoin que d'un à deux traitements annuels.

Le protocole pratique

Nous recommandons de réaliser une coproscopie au printemps, avant la mise à l'herbe, puis en automne. Les chevaux dont le comptage dépasse 200 œufs par gramme sont traités. Un contrôle coproscopique quatorze jours après le traitement vérifie son efficacité : si le comptage ne diminue pas de 95 pour cent au moins, une résistance est suspectée.

Deux traitements stratégiques restent recommandés pour tous les chevaux, indépendamment de la coproscopie : un traitement au moxidectine en fin d'automne pour cibler les larves enkystées de cyathostomes, et un traitement au praziquantel en automne contre les ténias.

La gestion des pâtures complète le programme antiparasitaire. Le ramassage des crottins deux fois par semaine réduit considérablement la contamination. La rotation des parcelles et le repos des prairies pendant trois mois interrompent le cycle parasitaire. Le pâturage mixte avec des bovins ou des ovins est également bénéfique car les parasites du cheval ne se développent pas chez ces espèces.

Ce protocole raisonné préserve l'efficacité des vermifuges pour les générations futures tout en assurant la santé de vos chevaux. Notre clinique réalise les coproscopies sur place avec un résultat en 24 heures.

Mots-clés : cheval, vermifuge, prévention